TÉLÉCHARGER LILE DES ESCLAVES MARIVAUX

En ces lieux, les maîtres sont voués à devenir les serviteurs de leurs anciens laquais. Cette terre est destinée à humaniser les anciens maîtres. Trivelin lui demande si le portrait était fidèle. Lui aussi a du mal à admettre la sévérité des remarques acérées. Pour éprouver un peu plus les avantages de leur nouvelle situation, Arlequin imagine que chacun courtisera son ancien seigneur. Son entreprise déclenche les pleurs et la plainte de la jeune femme qui se voit accablée par le sort.

Nom:lile des esclaves marivaux
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Il prend l'épée d'Iphicrate et la donne à Arlequin. Prenez cette épée, mon camarade; elle est à vous. Et lui, comment s'appelle-t-il? A Iphicrate. Arlequin, votre aventure vous afflige, et vous êtes outré contre Iphicrate et contre nous. Ne vous gênez point, soulagez-vous par l'emportement le plus vif; traitez-le de misérable, et nous aussi; tout vous est permis à présent; mais ce moment-ci passé, n'oubliez pas que vous êtes Arlequin, que voici Iphicrate, et que vous êtes auprès de lui ce qu'il était auprès de vous; ce sont là nos lois, et ma charge dans la république est de les faire observer en ce canton-ci.

Laissez-moi achever ce que j'avais à dire. A propos, je m'appelle Iphicrate. Je pense donc que vous savez qui nous sommes.

Quand nos pères, irrités de la cruauté de leurs maîtres, quittèrent la Grèce et vinrent s'établir ici dans le ressentiment des outrages qu'ils avaient reçus de leurs patrons, la première loi qu'il y firent fut d'ôter la vie à tous les maîtres que le hasard ou le naufrage conduirait dans leur île, et conséquemment de rendre la liberté à tous les esclaves; la vengeance avait dicté cette loi; vingt ans après la raison l'abolit, et en dicta une plus douce.

Votre esclavage, ou plutôt votre cours d'humanité dure trois ans, au bout desquels on vous renvoie si vos maîtres sont contents de vos progrès; et, si vous ne devenez pas meilleurs, nous vous retenons par charité pour les nouveaux malheureux que vous iriez faire encore ailleurs, et, par bonté pour vous, nous vous marions avec une de nos concitoyennes. Ce sont nos lois à cet égard; mettez à profit leur rigueur salutaire, remerciez le sort qui vous conduit ici; il vous remet en nos mains durs, injustes et superbes.

Vous voilà en mauvais état, nous entreprenons de vous guérir; vous êtes moins nos esclaves que nos malades, et nous ne prenons que trois ans pour vous rendre sains , c'est-à-dire humains, raisonnables et généreux pour toute votre vie. Peut-on de la santé à meilleur compte? A Arlequin. Passez maintenant dans une maison qui est à côté, où l'on vous donnera à manger si vous en avez besoin. Je vous apprends, au reste, que vous avez huit jours à vous réjouir du changement de votre état; après quoi l'on vous donnera, comme à tout le monde, une occupation convenable.

Allez, je vous attends ici. Aux insulaires. Qu'on les conduise. Aux femmes. Et vous autres, restez. Arlequin, en s'en allant, fait de grandes révérences à Cléanthis. Scène III. Et quels sont-ils? Dans votre pays, Euphrosine, on a bientôt dit des injures à ceux à qui l'on peut en dire impunément. Autrefois il n'y avait rien de si commode; on n'avait affaire qu'à de pauvres gens : fallait-il tant de cérémonies?

Mais à présent, il faut parler raison ; c'est un langage étranger pour Madame; elle l'apprendra avec le temps; il faut se donner patience : je ferai de mon mieux pour l'avancer. A Euphrosine. Et vous, Cléanthis, ne vous abandonnez point à votre douleur. Je ne puis changer nos lois ni vous en affranchir : je vous ai montré combien elles étaient louables et salutaires pour vous. Elle me trompera bien si elle amende. S'il faut que j'excuse toutes ses mauvaises manières à mon égard, il faudra donc qu'elle excuse aussi la rancune que j'en ai contre elle; car je suis femme autant qu'elle, moi : voyons qui est-ce qui décidera.

Ne suis-je pas la maîtresse, une fois? Eh bien, qu'elle commence toujours par excuser ma rancune; et puis, moi, je lui pardonnerai, quand je pourrai, ce qu'elle m'a fait : qu'elle attende! Faut-il que vous m'exposiez à les entendre! Quand je l'aurai querellée à mon aise une douzaine de fois seulement, elle en sera quitte; mais il me faut cela. A Cléanthis. J'espère, Euphrosine, que vous perdrez votre ressentiment, et je vous y exhorte en ami. Venons maintenant à l'examen de son caractère : il est nécessaire que vous m'en donniez un portrait qui se doit faire devant la personne qu'on peint, afin qu'elle se connaisse, qu'elle rougisse de ses ridicules, si elle en a, et qu'elle se corrige.

Nous avons là de bonnes intentions, comme vous voyez. Allons, commençons. Allons, me voilà prête; interrogez-moi, je suis dans mon fort. Cela la regarde-t-il? En quoi donc, par exemple, lui trouvez-vous les défauts dont nous parlons? Il y a tant de choses, j'en ai tant vu, tant remarqué de toutes les espèces, que cela se brouille. Madame se tait, Madame parle; elle regarde, elle est triste, elle est gaie : silence, discours, regards, tristesse et joie : c'est tout un, il n'y a que la couleur de différente; c'est vanité muette, contente ou fâchée; c'est coquetterie babillarde, jalouse ou curieuse; c'est, Madame, toujours vaine ou coquette, l'un après l'autre, ou tous les deux à la fois : voilà ce que c'est, voilà par où je débute; rien que cela.

Cependant, il vient compagnie, on entre : que va-t-on penser du visage de Madame? Non, il y a remède à tout : vous allez voir. Je riais. Mais vous avez la main belle; il la vit, il la prit, il la baisa; cela anima sa déclaration : et c'était là les gants que vous demandiez. Eh bien! J'essayai en pareille occasion de dire que Madame était une femme très raisonnable : oh! Elle ne sait pas qu'un jour je mis à son insu des fleurs dans la ruelle de son lit pour voir ce qu'il en serait.

J'attendais une vapeur, elle est encore à venir. Le lendemain, en compagnie, une rose parut, crac, la vapeur arrive. Adieu notre bon ami, je vous ai diverti, j'en suis bien aise. Une autre fois je vous dirai comme quoi Madame s'abstient souvent de mettre de beaux habits, pour en mettre un négligé qui lui marque tendrement la taille. C'est encore une finesse que cet habit-là; on dirait qu'une femme qui le met ne se soucie pas de paraître, mais à d'autres!

Vous verrez comme dans la loge on y jette un regard indifférent et dédaigneux sur des femmes qui sont à côté, et qu'on ne connaît pas. Bonjour, notre bon ami, je vais à notre auberge.

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L'île des esclaves

Marivaux Résumé de L'île des esclaves : Iphicrate et son valet Arlequin font naufrage. Ils débarquent dans l'île des esclaves, une île fondée il y a une centaine d'années par des esclaves révoltés. Dans cette île, les maîtres deviennent des valets et les valets des maîtres. Ainsi, Iphicrate et son laquais Arlequin, Euphrosine et sa soubrette Cléanthis échangent leur condition, leurs vêtements ainsi que leurs noms.

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Les Lumières de Marivaux sur «L’ile des esclaves»

Il prend l'épée d'Iphicrate et la donne à Arlequin. Prenez cette épée, mon camarade; elle est à vous. Et lui, comment s'appelle-t-il? A Iphicrate. Arlequin, votre aventure vous afflige, et vous êtes outré contre Iphicrate et contre nous. Ne vous gênez point, soulagez-vous par l'emportement le plus vif; traitez-le de misérable, et nous aussi; tout vous est permis à présent; mais ce moment-ci passé, n'oubliez pas que vous êtes Arlequin, que voici Iphicrate, et que vous êtes auprès de lui ce qu'il était auprès de vous; ce sont là nos lois, et ma charge dans la république est de les faire observer en ce canton-ci.

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Il rédige sa première pièce de théâtre à dix-huit ans. Fréquentant les écrivains et philosophes de son temps, il pratique dans les salons mondains l'art de la conversation galante et affine sans le savoir ce style précieux fait d'esprit léger et de naturel qu'on appellera "marivaudage". En cinquante années de carrière théâtrale, Marivaux fournit vingt-et-une de ses pièces aux acteurs italiens de la troupe de Luigi Riccoboni - à l'époque la Comédie-Italienne est la concurrente de la Comédie-Française. En , il est élu à l'Académie française, battant son concurrent Voltaire. Sources : Encyclopédie Larousse , L'île des esclaves éd. En effet, après avoir fourni des années durant des comédies sentimentales au Théâtre-Italien de Luigi Riccoboni, Marivaux transporte les personnages typiques de la commedia dell'arte que sont Arlequin et Trivelin sur une île utopique pour y jouer une comédie philosophique.

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Dans cette île, chacun est libre et citoyen. Être socialement à l'opposé de ce que l'on était, et souffrir les maux que l'on infligeait lorsqu'on était en position de pouvoir, est l'unique voie du repentir. Recommencions-nous à l'envers, rôles échangés, le même jeu, la même comédie? Le désir initial, c'est Rousseau. C'est la lecture attentive des notes et références dont le texte de Rousseau est truffé qui mène Jean-Luc Lagarce à L'île des esclaves écrite par Marivaux quelque vingt-cinq ans plus tôt. Dans cette pièce, l'argument dramatique est précisément l'inégalité, celle des conditions entre maîtres et serviteurs. On pourrait ne voir dans ce cheminement de Rousseau à Marivaux qu'un fait de hasard à valeur anecdotique.

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